Il est tout à fait possible de cumuler un emploi salarié avec une activité de micro-entrepreneur. Ce double statut permet de lancer une activité indépendante tout en conservant la stabilité liée au salariat. Cependant, ce cumul est soumis à des règles précises et des limites qu’il convient de respecter pour éviter des conflits juridiques ou contractuels.
Le cadre légal du cumul
La loi autorise le cumul d’un emploi salarié, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim, stage), avec une activité de micro-entrepreneur. Cette flexibilité permet aux salariés d’exercer une activité indépendante dans des domaines variés, sauf pour certaines professions réglementées exclues du régime de la micro-entreprise.
Conditions générales de cumul
- Le cumul est possible quel que soit le contrat salarié (CDI, CDD, intérim, stage).
- Les activités exercées en micro-entreprise peuvent relever de l’artisanat, du commerce, ou des professions libérales non réglementées.
- Certaines professions sont exclues de ce statut (secteur médical, juridique, agricole, assurance, artiste-auteur, etc.).
Cas particulier des fonctionnaires
Les agents de la fonction publique peuvent également cumuler leur activité avec un statut d’auto-entrepreneur, mais sous conditions strictes et avec une autorisation préalable. Cette réglementation vise à éviter tout conflit d’intérêts et à préserver la neutralité du service public.
Les professions exclues du régime micro-entrepreneur
Certaines activités sont légalement interdites sous le régime de la micro-entreprise. Il s’agit principalement de professions réglementées qui requièrent des qualifications spécifiques ou un statut particulier. Ces exclusions concernent notamment :
- Les professions médicales (médecins, infirmiers, vétérinaires, sages-femmes, etc.).
- Les métiers du droit et de la justice (avocats, notaires, huissiers, greffiers).
- Les experts-comptables et commissaires aux comptes.
- Les métiers agricoles.
- Les métiers de l’assurance.
- Les activités relevant du régime artiste-auteur.
- La gestion de revenus issus de fonds de placement immobilier.
Restrictions liées au contrat de travail
Votre contrat salarié peut contenir des clauses qui limitent ou encadrent la possibilité de cumuler une activité indépendante. Il est essentiel de les identifier pour éviter tout litige.
Clauses spécifiques à vérifier
- Clause de non-concurrence : interdit d’exercer une activité en concurrence directe avec l’employeur.
- Clause de confidentialité : interdit l’usage d’informations sensibles ou de données confidentielles dans l’activité indépendante.
- Clause d’exclusivité : interdit toute autre activité professionnelle rémunérée, sauf exceptions (ex. : temps partiel).
La clause d’exclusivité
Cette clause, fréquente dans les contrats à temps plein, interdit au salarié d’exercer une autre activité rémunérée pendant la durée du contrat. Elle ne s’applique pas aux salariés à temps partiel.
L’obligation de loyauté envers l’employeur
Tout salarié est soumis à un devoir de loyauté, qui reste applicable même sans clause écrite. Cette obligation s’intensifie lorsque le salarié exerce parallèlement une activité indépendante.
Principes fondamentaux de loyauté
- Ne pas concurrencer directement son employeur ni utiliser ses ressources (matériel, données, fichiers clients).
- Ne pas exercer son activité indépendante pendant les heures de travail salarié.
- Ne pas débaucher les collègues ou utiliser le réseau de l’entreprise.
- Ne pas nuire à la réputation de l’entreprise, par exemple par des critiques publiques.
Sanctions en cas de non-respect
Le salarié qui ne respecte pas ses obligations (non-déclaration de l’activité, usage des ressources, concurrence déloyale) s’expose à :
- Mesures disciplinaires internes (avertissement, mise à pied, licenciement).
- Poursuites judiciaires pour concurrence déloyale.
- Demande de dommages et intérêts par l’employeur.
Régime social et fiscal du cumul
Le salarié micro-entrepreneur doit déclarer ses revenus issus des deux activités distinctement et payer les cotisations sociales correspondantes.
Points clés
- Les cotisations sont dues pour chaque activité, même si la protection sociale principale est celle du salarié.
- Le calcul des cotisations sociales pour la micro-entreprise se fait sur le chiffre d’affaires réalisé.
- Les prestations sociales (maladie, maternité, indemnités) sont principalement accordées par le régime de l’activité principale.
- Les cotisations de l’emploi salarié sont prélevées à la source, celles de la micro-entreprise sont versées lors des déclarations de chiffre d’affaires.
- Une exception existe pour le congé maternité, où les droits du régime général peuvent être prioritaires.
Retraite en cas de cumul
Les périodes travaillées en tant que salarié et auto-entrepreneur comptent pour la retraite, mais il n’est pas possible de cumuler plus de trimestres annuels.
Déclaration des revenus
Les revenus de la micro-entreprise doivent être déclarés dans la déclaration complémentaire dédiée aux revenus non salariés.
Selon le type d’activité, la ligne à remplir sera différente :
- Revenus industriels et commerciaux (BIC) pour le commerce et l’artisanat.
- Revenus non commerciaux (BNC) pour les professions libérales.
Les revenus salariés sont déclarés par l’employeur et apparaissent dans la catégorie « traitements et salaires ».
Questions fréquentes sur le cumul
Peut-on travailler pour son employeur en tant qu’auto-entrepreneur ?
Non. La relation de subordination et les règles du Code du travail interdisent d’être à la fois salarié et prestataire indépendant de la même entreprise. Cela peut être requalifié en travail dissimulé.
Peut-on cumuler chômage et activité de micro-entrepreneur après démission ?
En principe, la démission ne donne pas droit aux allocations chômage sauf cas particuliers.
Existe-t-il des aides pour la création d’une micro-entreprise après démission ?
Oui, sous conditions, des aides spécifiques peuvent être accordées pour les créateurs d’entreprise, ainsi que des exonérations partielles de cotisations sociales la première année.
Peut-on demander un congé ou temps partiel pour créer sa micro-entreprise ?
Plusieurs congés existent :
- Congé pour création ou reprise d’entreprise (durée maximale un an, renouvelable une fois).
- Congé sabbatique (6 à 11 mois, sans prolongation).
- Congé sans solde, négocié avec l’employeur.
Protection sociale pendant les congés
En congé sabbatique, sans solde ou pour création d’entreprise, la couverture sociale est maintenue pendant 12 mois pour les soins et indemnités, mais pas pour la retraite.
Synthèse et conseils
Le statut d’auto-entrepreneur est une solution simple et flexible pour développer une activité complémentaire tout en conservant la sécurité d’un emploi salarié.
Ce cadre légal rigoureux protège vos droits tout en assurant la sécurité juridique de votre double statut.


